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Trois courses depuis le début de la saison, et pour la troisième fois, une « flèche d’argent ». Au Grand Prix du Japon, dimanche 29 mars, Mercedes est une nouvelle fois passée en premier devant le drapeau à damier. Sur l’historique circuit de Suzuka, Kimi Antonelli, vainqueur il y a deux semaines de son premier Grand Prix, en Chine, a récidivé, devenant, à 19 ans et 7 mois, le plus jeune leader du championnat du monde des pilotes. S’il était parti en pole position et a remporté la course avec une confortable avance – devant l’Australien Oscar Piastri (McLaren) et le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari) –, le jeune Italien n’a pas connu un Grand Prix de tout repos, loin de là.

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A l’arrivée, le premier Transalpin à enchaîner deux victoires en formule 1 depuis 1953 a reconnu que la « chance » lui avait souri à Suzuka. Car, à l’extinction des feux, Kimi Antonelli et son équipier chez Mercedes, George Russell, qui occupaient les deux premières places sur la grille, ont totalement manqué leur départ, perdant respectivement cinq et deux positions au premier virage. Derrière Oscar Piastri et Charles Leclerc, notamment, les Mercedes ont dû faire leur retard. Bénéficiant d’une monoplace ayant tiré le meilleur du grand chambardement du règlement cette saison, et dominant la concurrence en vitesse, les pilotes de l’écurie allemande sont rapidement revenus aux avant-postes sur un circuit ayant vu des dépassements et redépassements toute la course.

Alors que George Russell, vainqueur du premier Grand Prix de la saison, avait repris la tête, le sort a favorisé son équipier. Au 21e tour, le Britannique venait à peine de passer aux stands, en réaction aux arrêts des McLaren et de Charles Leclerc, rétrogradant – alors momentanément – en cinquième position qu’un incident de course a chamboulé tous les plans. La sortie de la voiture de sécurité à la suite de l’accident du pilote Haas Oliver Bearman, sorti indemne d’un crash violent, a permis à Kimi Antonelli, qui venait de récupérer la première place, d’effectuer son seul arrêt des 53 tours sans que cela impacte son classement, en raison de la neutralisation de la course.

Dans sa radio, George Russell pouvait pester contre le destin, la course venait de lui échapper ; et son équipier italien a saisi sa chance, signant une seconde partie de course de haut vol, améliorant plusieurs fois le record du tour même quand son équipe l’exhortait de « ramener la voiture à la maison ». Il s’impose au final avec près de 14 secondes d’avance sur Oscar Piastri.

Cinq semaines de pause avant le prochain Grand Prix

« Ç’aurait été vraiment intéressant de voir ce qui se serait passé sans » cette safety car, a souligné le pilote australien de McLaren, qui signe le premier podium de son équipe cette année. Dominante l’an passé, l’écurie britannique est à la peine avec le nouveau règlement, et Piastri n’avait jusqu’alors effectué qu’un seul tour en course lors des deux premiers Grand Prix de la saison en Australie et en Chine.

Si Mercedes s’envole au classement des constructeurs et survole la concurrence en ce début de saison, les Ferrari tentent de suivre le rythme derrière, avec un nouveau podium pour Charles Leclerc. « On n’a pas eu de chance avec la voiture de sécurité, donc j’ai été en retard (…) mais l’impression n’est pas mauvaise », a fait valoir le pilote monégasque après la course, assurant avoir trouvé « la course amusante ». Car le spectacle a été au rendez-vous dimanche à Suzuka, avec de nombreux dépassements, facilités par le nouveau règlement ayant modifié les moteurs et l’aérodynamique des monoplaces, et leur ayant adjoint un mode « dépassement » et un bouton « boost ».

Samedi, après sa pole position, Kimi Antonelli augurait que le Grand Prix du Japon pouvait « donner une bonne course, mais pas aussi facile qu’en Chine et qu’à Melbourne ». Le désormais leader du championnat du monde des pilotes avait vu juste sur une course où les pilotes français Pierre Gasly (Alpine) et Esteban Ocon (Haas), respectivement 7e et 10e, entrent dans les points – Isack Hadjar (Red Bull), lui, a terminé 12e. « Il est trop tôt pour penser au championnat mais nous sommes en bonne voie », a souri le désormais double vainqueur en Grand Prix après la course. Même en manquant ses départs, Mercedes domine sans conteste ce début de saison. Mais ses concurrents entendent mettre à profit la pause de cinq semaines imposée par la guerre au Moyen-Orient et l’annulation des GP de Bahreïn et d’Arabie saoudite, pour trouver la clé pour enfin rivaliser avant la prochaine course à Miami (Etats-Unis), début mai.

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