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Une enquête « de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre » a été ouverte après la mort mercredi de Karine Buisset, une humanitaire française de 54 ans, en République démocratique du Congo. Le Parquet national antiterroriste (PNAT), à l’origine de cette information rapportée vendredi 13 mars à l’Agence France-Presse, précise encore que les investigations, confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité de la gendarmerie nationale (OCLCH), devront éclaircir « les circonstances de commission des faits » et « tenir informés les proches de la victime ».

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Karine Buisset, employée de l’Unicef, a été tuée mercredi par une frappe de drone non revendiquée à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), aux mains Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle, depuis janvier 2025. Des témoins ont déclaré à l’AFP avoir entendu des détonations et des bruits de drones dans la nuit de mardi à mercredi à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda. Les faits apparaissent « en lien avec une situation de conflit armé opposant les forces congolaises et le mouvement dit M23 », poursuit le PNAT.

Des sources humanitaires et les secours sur place ont confirmé à l’AFP que Karine Buisset avait été tuée pendant la nuit par une frappe ayant touché la maison où elle résidait, située dans le quartier de Himbi. Des sources sécuritaires contactées par l’AFP estiment que les frappes visaient des responsables ou des proches du groupe armé et que la maison occupée avait été touchée par erreur.

Lors d’une manifestation dénonçant les frappes aériennes dans les zones contrôlées par les rebelles du M23, à Goma, le 12 mars 2026.
A l’intérieur de la maison de Karine Buisset, humanitaire de l’Unicef tuée lors d’une frappe de drone, à Goma, le 11 mars 2026.

Le porte-parole du M23, qui s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes parties de l’est de la RDC, région riche en ressources et ravagée par trente ans de conflits, a accusé l’armée de la RDC d’avoir mené cette attaque. De son côté, le gouvernement de la RDC a assuré mercredi soir qu’il ne « saurait entreprendre une action qui contrarie les valeurs qu’il a toujours défendues », faisant part de sa « profonde tristesse » après le décès de Karine Buisset et rendant hommage au personnel humanitaire en RDC.

Ouverture d’une enquête à Kinshasa

Kinshasa a annoncé mercredi une enquête sur « les circonstances » et « l’origine des explosions » pour faire « toute la lumière sur les faits », sans autre détail. Le ministère des affaires étrangères français a de son côté réclamé une « enquête indépendante et impartiale », déclarant que la France était « prête à y contribuer ». La Mission des Nations unies en RDC avait assuré que Karine Buisset et deux autres civils avaient été tués par des « drones d’attaque ».

Karine Buisset était mère de deux enfants, selon l’un de ses amis proches, qui a décrit à l’AFP une « personne très humaine » et passionnée par l’Afrique, où elle avait effectué de multiples missions. « Nous sommes, à l’Unicef, profondément bouleversés et indignés par le décès de notre collègue Karine Buisset, tuée lors d’une attaque de drone sur un bâtiment abritant des travailleurs humanitaires à Goma », a déclaré le Fonds des Nations unies pour l’enfance.

Le président français, Emmanuel Macron, a appelé « au respect du droit humanitaire et des personnels (…) sur place », adressant « le soutien et l’émotion de la Nation » aux proches de la victime. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lui exprimé son « indignation » par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Le personnel humanitaire ne doit jamais être pris pour cible. C’est le droit international. (…) Il doit être respecté », a souligné ce dernier.

Le Monde avec AFP

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