Je suis pilote de ligne pour une compagnie allemande, je gagne 6 000 euros net mensuels pour dix-huit jours au planning, en court et moyen-courrier. J’ai un contrat à 92 %, avec décembre comme mois off, plus trente jours de vacances. J’assure deux à quatre vols quotidiens, et mon temps de travail varie entre cinq et treize heures selon les destinations. En été, je vais souvent en Grèce, en hiver plutôt en Egypte et au Maroc, et j’ai des vols intérieurs en Allemagne. Je vis mon rêve, après avoir galéré.
Je viens d’un village près de Fontainebleau, mon père était journaliste dans une radio locale, puis professeur d’anglais ; ma mère, américaine, occupait un poste d’assistante bibliothécaire. Je découvre l’univers de l’aviation à 13 ans. Mon père me propose de passer le brevet d’initiation aéronautique (BIA) – un de ses élèves lui en avait parlé. Je chope tout de suite le virus. Je prépare ce BIA pendant ma 3e, c’est de la théorie mais, à la fin, on peut effectuer des heures de vol. Une fois au lycée, je m’inscris dans un aéroclub.
J’avais 15 ans pour mon premier vol tout seul, sur un Robin DR-400. J’étais super fier, je me sentais libre, une voie s’ouvrait. L’école, ce n’était pas mon truc, j’ai redoublé ma 1re scientifique. J’étais introverti et j’ai subi du harcèlement au collège. J’obtiens finalement la licence « loisirs » de pilote privé à 19 ans. Comme mes parents s’étaient séparés entretemps, j’ai dû finir de la payer moi-même, petit à petit, grâce à des missions d’intérim notamment. Au total, elle a coûté 8 000 euros, dont 1 500 euros d’aides grâce à mon BIA.
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