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Elle avait fait du combat pour la mémoire des victimes du régime de Vichy le centre de sa vie. Hélène Mouchard-Zay est morte le 2 mars à Orléans à l’âge de 85 ans. Si elle est née au Maroc, à Rabat, le 27 août 1940, c’est que son père, Jean Zay, jeune et brillant ministre de l’éducation nationale et des beaux-arts du Front populaire, y avait été arrêté onze jours plus tôt. Cible récurrente de la droite et de l’extrême droite, qui vomissaient son progressisme, ses origines juives (bien qu’il fût de religion protestante, comme sa mère) et sa supposée détestation du « drapeau » (pour un pastiche littéraire de jeunesse), Zay fut persécuté par le gouvernement de Pétain. Condamné, au terme d’un procès inique, à « la déportation à perpétuité et à la dégradation militaire » – une peine non appliquée depuis le capitaine Dreyfus ! –, il finit assassiné par la Milice en juin 1944. Son corps ne fut identifié qu’en 1948.

De ce père martyr, victime de la haine politique et qu’elle n’a connu qu’en prison, de ce père dont elle a hérité une étonnante ressemblance physique et la même sérénité d’âme, Hélène Zay s’est attachée à faire vivre la mémoire. Prenant, avec sa sœur aînée Catherine, la suite de leur mère Madeleine (morte en 1991), elle est parvenue à mener à bien trois grands projets.

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