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Pour un dessin contre la guerre du Kremlin en Ukraine, le père avait fini en prison, sa fille dans un orphelinat. Quatre ans plus tard, Alexeï Moskalev, 57 ans, et sa fille Maria, 16 ans, découvrent en France la vie en liberté. « Là-bas, les gens se ferment, se retiennent. Ici, on parle, on rit, on discute ouvertement ! », confient-ils, heureux et encore surpris de se retrouver dans un café du Quartier latin avant une promenade au jardin du Luxembourg. C’est l’épilogue parisien d’un long calvaire : un an et demi de séparation en Russie, la fuite en Arménie et seize mois d’exil dans la peur. Le 11 mars, Alexeï Moskalev et Maria sont arrivés en France, visa humanitaire en poche. Avec, dans leurs bagages, le dessin par lequel tout a commencé.

A Iefremov, morne petite cité industrielle à 300 kilomètres au sud de Moscou, la professeure d’arts plastiques de l’école de Maria, alors âgée de 12 ans, avait demandé à sa classe de faire des dessins pour soutenir les troupes russes. C’était en avril 2022, moins de deux mois après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Parmi la vingtaine d’élèves, Maria est la seule à rendre une copie colorée contraire au discours officiel : elle dessine des missiles visant une mère et sa fille en pleurs sous un drapeau ukrainien. « Les autres ont peint des chars pour la Russie. J’ai décidé de faire tel que je voyais les choses. »

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