Dans un entretien à la Tribune Dimanche, publié samedi 5 avril, François Ruffin affirme avoir « la légitimité pour représenter la gauche à [la prochaine] élection présidentielle ». Le député, qui a rompu avec la France insoumise lors des dernières élections législatives, assure que l’envie d’être candidat est présente chez lui : « Oui, je suis déterminé. Ca fait vingt-cinq ans que j’écoute la France, que je la parcours en tous sens. Je peux dire au pays : “Je vous ai compris !” », justifie-t-il.
Afin d’illustrer sa prétendue « légitimité », il rappelle avoir « battu trois fois » le Rassemblement national chez lui après des élections nationales où le parti d’extrême droite était sorti en tête. « Au vu des enjeux, une candidature commune ne relève pas du souhait mais de la nécessité », insiste-t-il.
Mais, alors que le patron des socialistes, Olivier Faure, dit vouloir une plateforme commune de la gauche non mélenchoniste allant de Raphaël Glucksmann à lui-même, François Ruffin botte en touche : « Je ne suis pas garde-frontière, donc je ne trace pas de limite. La porte est ouverte », dit-il. « Après, les forces choisissent de rejoindre ou non, de s’autoexclure ou non », concède-t-il, soulignant qu’Olivier Faure « fait partie de ceux qui tracent un chemin du commun ».
Un tour de France pour raviver la gauche
Le député, qui a démarré mardi un tour de France par un meeting à Montreuil, « pour redonner à la France “l’envie d’avoir envie”, comme le chantait Johnny », « déplore de sentir depuis des mois, à gauche de l’apathie, de l’inertie », et veut ainsi « servir de thérapie ! »
Il considère qu’« une force est là, latente, présente, qui n’attend qu’à être cristallisée. Ce à quoi je vais m’atteler avec mes amis », promet-il, à l’instar du Front populaire qu’il avait initié au soir de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin dernier.