
Ethiopiques. Le nom résonne comme un recueil de poèmes de Léopold Sédar Senghor (1906-2001) ou un volume des aventures de Corto Maltese. Tous deux devancés, en fait, dès la Grèce antique, par l’écrivain Héliodore d’Emèse. Pour les connaisseurs de musique africaine et les discophages curieux, il se rapporte à la monumentale collection dirigée par Francis Falceto qui aura popularisé, et même mis à la mode, ce que l’on nomme communément « éthio-jazz ». Les musiques que l’on entendait dans les bars et les hôtels d’Addis-Abeba avant que ne s’abatte sur le pays, à partir de septembre 1976, la « terreur rouge » du régime du Derg.
Lancée en 1998 par un Age d’or de la musique moderne éthiopienne, la série apparaît au moment même où les oreilles occidentales s’ouvrent au son des vétérans cubains du Buena Vista Social Club. Elle aura permis de faire connaître les deux personnalités les plus en vue de la musique éthiopienne, les octogénaires Mulatu Astatke (dont Jim Jarmusch a utilisé trois titres, présents dans le volume 4 d’Ethiopiques, pour son film Broken Flowers en 2005) et Mahmoud Ahmed. Tous deux viennent de faire leurs adieux à la scène. Une page se referme. D’autant que Francis Falceto, après avoir fait une pause depuis 2017, relance ses Ethiopiques afin de refermer cette aventure de trente ans. Six références viennent s’ajouter pour porter le total à 36 volumes.
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