Meilleures Actions
Histoires Web mardi, juin 18
Bulletin

Rarement l’élaboration d’une réforme à l’éducation nationale aura été soumise à autant de soubresauts. Depuis la première présentation aux syndicats du projet de révision des concours et de la formation initiale des enseignants, début novembre 2023, trois ministres se sont succédé Rue de Grenelle. C’est finalement mardi 11 juin que le décret entérinant cette transformation d’ampleur doit être présenté au comité social d’administration (CSA) du ministère, malgré l’absence de la ministre, Nicole Belloubet, tenue par la période de réserve électorale liée à la dissolution de l’Assemblée nationale, décidée dimanche 9 juin par Emmanuel Macron.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Formation des enseignants : rémunération en master, statut, contenus de l’instruction, un mois après l’annonce de la réforme, les zones de flou persistent

Cinq ans après la dernière réforme, le texte, qui relève du domaine réglementaire et pourrait donc être mis en œuvre par le gouvernement en dépit de la suspension des travaux parlementaires, déplace notamment dès l’année scolaire 2024-2025 les concours à la fin de la troisième année de licence, et non plus à l’issue d’un bac + 5 comme actuellement. Il prévoit ensuite une formation spécifique en master nécessaire à la titularisation. Toutes les organisations, exception faite du SE-UNSA, ont demandé un retrait du décret de l’ordre du jour du CSA de mardi, dénonçant une élaboration « bancale » et « non concertée » de la réforme, dont la mouture soumise au vote fait la quasi-unanimité contre elle.

« Nous n’avons eu aucun échange avec le ministère entre novembre et mai, des groupes de travail se tiennent au pas de course depuis quelques semaines, nous n’avons toujours aucune vision d’ensemble de la réforme et nous devons désormais en parler sans savoir si les responsables qui la portent seront encore là dans trois semaines… Ce n’est pas tolérable pour une politique d’une telle importance », tance Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat du secondaire.

  • Le statut des lauréats du concours en master 1, la « ligne rouge »

Les représentants de la profession s’expriment d’une même voix pour qualifier le projet ministériel d’inacceptable sur ce point. Après avoir réussi les concours à la fin de leur bac + 3, les lauréats seraient admis dans un master « professionnalisant », selon le ministère, et rémunéré, mais ils ne bénéficieraient pas du statut de fonctionnaire stagiaire avant la deuxième année. En master 1, ils ne seraient ainsi pas rémunérés à l’indice minimum (1 400 euros net par mois) comme annoncé initialement, mais percevraient une « gratification » mensuelle de 900 euros net, et n’auraient pas les droits sociaux découlant du statut de la fonction publique.

Il vous reste 65.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.