Le Conseil d’État a autorisé, lundi 3 novembre, l’institut Gustave-Roussy, situé dans le Val-de-Marne, à interrompre le traitement d’un patient plongé dans le coma, alors que sa famille s’opposait à cette décision et avait préalablement obtenu gain de cause de la justice.
« Les graves lésions neurologiques dont Chabane Teboul est affecté présentent un caractère irréversible », souligne notamment le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative.
La famille de M. Teboul s’oppose au choix des médecins de l’institut Gustave-Roussy, haut lieu de la cancérologie en France, d’interrompre la ventilation mécanique du patient. Une décision prise au motif que le cas de M. Teboul est sans espoir et qu’il ne reprendra plus conscience.
L’homme de 64 ans, traité pour un cancer de la gorge, est, depuis l’été, plongé dans un coma profond à la suite de plusieurs arrêts cardiorespiratoires. En septembre, un tribunal administratif avait, en référé, enjoint les médecins de ne pas interrompre la ventilation.
Cette décision prenait notamment en compte le fait, signalé par la famille, que M. Teboul avait semblé réagir à son prénom. L’institut Gustave-Roussy avait alors fait appel devant le Conseil d’État.
Celui-ci a finalement donné raison aux médecins de l’institut, estimant que les éléments donnés par la famille n’étaient pas assez probants pour justifier que le maintien des traitements ne constitue pas une « obstination déraisonnable ».
Echo à Vincent Lambert
Ce terme, défini par la loi depuis 2005, désigne le fait de maintenir des soins qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou ayant comme seul but le « maintien artificiel de la vie ».
Le Conseil d’État n’a pas non plus retenu la présentation par la famille de directives anticipées de M. Teboul. Ces dernières demandaient que « tout » soit entrepris pour son maintien en vie. Mais, selon le Conseil, elles ont été présentées trop tard aux médecins et, de toute façon, ne pouvaient s’appliquer à une situation aussi désespérée.
Cette décision fait écho à d’autres cas emblématiques comme celui de Vincent Lambert, jeune homme plongé pendant plusieurs années dans le coma et dont la femme et les parents s’étaient divisés sur l’arrêt ou non des traitements. Il était finalement décédé en 2019.
Elle s’inscrit également dans le cadre de débats législatifs sur une éventuelle autorisation d’une « aide à mourir ». Ces débats, qui doivent reprendre début 2026, à l’Assemblée, pourraient aboutir à légaliser d’importantes conditions l’assistance au suicide, voire l’euthanasie.
Le texte ne s’appliquerait toutefois pas dans le cas présent, puisqu’il concerne des patients pouvant exprimer un choix volontaire et éclairé. Les médecins de M. Teboul comptent le plonger dans une sédation « profonde et continue », aux termes de la loi actuelle sur la fin de vie.













