Il reste impassible, balaye la cour d’assises de Gironde d’un dernier regard alors que les policiers le menottent et l’extraient du box des accusés. Dans une lecture en rafale de l’énoncé du verdict par la présidente, vendredi 28 mars, Mounir Boutaa vient d’être reconnu coupable de meurtre avec préméditation commis sur son ex-conjointe Chahinez Daoud. Au moment des faits, la cour a considéré qu’il était altéré par un trouble psychique, mais que cette altération n’empêche pas sa condamnation à la réclusion à perpétuité. Celle-ci est assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans et d’une éventuelle rétention de sûreté à la fin de sa peine – cinq heures de délibéré pour aboutir à un arrêt en tout point conforme aux réquisitions de l’avocate générale ce matin.
Les parties civiles s’étreignent les yeux rougis. L’issue d’une audience éprouvante qui avait par exemple vu un petit garçon souriant, vêtu d’un maillot vert, son ballon entre les pieds, apparaître sur l’écran de la cour. A 9 ans, il est fort en mathématiques, adore le foot et se montre plutôt « résilient » explique à la barre sa représentante. Peu avant le procès, elle s’était rendue chez ses grands-parents maternels où il réside pour lui demander s’il avait conscience de l’événement qui s’annonçait, et qu’est-ce qu’il souhaitait en dire aux jurés. « Je veux que mon père tombe dans le coma, qu’il oublie que j’existe », a déclaré le fils unique de Chahinez Daoud et de Mounir Boutaa.
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