Le cafouillage illustre toute la complexité de la mise en œuvre d’une vérification de l’âge sur Internet. Quinze jours après son annonce, Discord a fait marche arrière, mardi 24 février : initialement prévu dès le mois de mars, le contrôle de l’âge de ses utilisateurs est finalement reporté au second semestre 2026. Le sujet a suscité de vives critiques parmi les 200 millions d’utilisateurs actifs de la plateforme de messagerie à travers le monde, en particulier de la part des joueurs de jeux vidéo.
C’est Stanislav Vishnevskiy, responsable technique et cocréateur de Discord, qui a détaillé ce revirement, en parlant d’« erreurs » et d’un manque de pédagogie dont son entreprise, sise aux Etats-Unis, s’est, selon lui, rendue coupable. « Beaucoup d’entre vous ont compris que nous allions exiger de scanner votre visage et d’envoyer vos documents d’identité juste pour utiliser Discord. Ce n’est pas ce que nous mettons en place », a-t-il expliqué, avant d’annoncer un nouveau calendrier et de tenter de clarifier les mesures.
L’annonce du lundi 9 février, qui a été modifiée depuis mais demeure visible dans certaines archives de pages Internet, laissait pourtant penser l’inverse. Le communiqué disait : « A partir du début de mars 2026, tous les utilisateurs de Discord (…) se verront assigner de nouveaux paramètres par défaut » pour leur compte, lesquels sont destinés à leur fournir, sur l’application, des « expériences appropriées à leur âge ».
Le compte « adolescent » de Discord, en théorie accessible à partir de 13 ans, impose plusieurs limites. Parmi elles figurent l’affichage flouté d’images automatiquement détectées comme sensibles (violence, pornographie…) ou l’impossibilité de rejoindre des groupes de discussion configurés par leurs administrateurs comme étant réservés aux adultes.
Notion d’obligation généralisée
Tout semblait indiquer une vérification de l’âge systématique pour tous les utilisateurs. La procédure mise en place par Discord anticipait les règles législatives progressivement introduites dans divers pays, dont la France, avec sa loi sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, adoptée par l’Assemblée nationale à la fin de janvier.
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