C’est un coup de poker qu’a tenté la société canadienne The Metals Company, jeudi 27 mars. L’entreprise convoite les minerais abrités dans les abysses, qui pourraient être utilisés notamment pour la fabrication de batteries, et s’impatiente des longues négociations qui ont lieu chaque année sous l’égide de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM). En vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, l’instance onusienne prépare depuis plus de dix ans le futur code minier qui devra, tout en préservant l’environnement, encadrer l’exploitation de « la zone », c’est-à-dire des fonds marins et océaniques et de leur sous-sol situés dans les eaux internationales. Une durée bien trop longue au goût de The Metals Company.
Son président-directeur général, Gerard Barron, a estimé, dans un communiqué, que l’entreprise a « suffisamment de connaissances » pour « gérer les risques environnementaux » encourus par les méconnus écosystèmes des grands fonds, et expliqué avoir déjà « investi plus de 0,5 milliard de dollars [460 millions d’euros] ». Qu’importent les divergences entre Etats, dont une trentaine plaident pour un moratoire ou pour une « pause de précaution » dans l’exploitation des planchers océaniques, The Metals Company souhaite déposer une demande d’exploitation au deuxième trimestre 2025, auprès de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine chargée de l’océan actuellement en pleine purge sous l’effet des coupes claires de l’administration américaine. Les Etats-Unis de Donald Trump – qui ne sont pas membres de l’AIFM – « offrent une voie réglementaire stable, transparente et applicable », selon les mots du PDG.
Il vous reste 74.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.