
Procédure judiciaire précipitée et bâclée. Atteinte probable au premier amendement de la Constitution sur la liberté d’expression. Et, pour couronner le tout, sarcasme de la Maison Blanche. L’arrestation du journaliste Don Lemon, dans la soirée du jeudi 29 janvier à Los Angeles, constitue une nouvelle borne dans l’instrumentalisation politique de la justice par le pouvoir exécutif. L’ancien présentateur de la chaîne CNN, qui anime une émission sur YouTube, a été relâché dans l’après-midi de vendredi, après son inculpation.
Don Lemon est accusé d’avoir participé, le 18 janvier, et pas seulement assisté, à l’intrusion de manifestants dans une église de Saint Paul, une ville située de l’autre côté du fleuve Mississippi, au sud-est de Minneapolis (Minnesota). Une autre journaliste indépendante, Georgia Fort, également présente, a été arrêtée, puis relâchée vendredi. Elle a diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux, alors que les agents frappaient à sa porte au petit jour.
Les manifestants entrés dans l’église entendaient dénoncer les opérations policières en cours à Minneapolis et les abus qui se multipliaient lors d’arrestations de personnes supposées en situation illégale, symbolisés par la mort de Renee Good et par celle d’Alex Pretti sous les balles de policiers d’agences fédérales chargées de l’immigration. L’administration Trump considère cette intrusion comme une attaque contre un lieu de culte.
Il vous reste 69.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











