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Plus la société se complexifie, plus grande est la tentation d’aller chercher des explications simples à des comportements moins lisibles. C’est ainsi que depuis quelques années, la compréhension des résultats électoraux par le déterminisme géographique monte en puissance, mobilisant deux lectures principales.

Selon la première, les votes s’expliqueraient par la position dans l’espace national, selon que l’on habite la France de l’Ouest, qui va bien, ou celle de l’Est, qui va mal. Vote protestataire et géographie de la désindustrialisation iraient de pair. Une autre grille de lecture, celle-ci d’ordre catégoriel, est plus simple encore et suggère que l’on vote différemment, à appartenance sociale équivalente, selon que l’on habite une métropole, une ville moyenne ou un espace rural.

Et si, à la suite des élections municipales, la géographie n’expliquait plus les résultats électoraux ? Les métropoles et les plus grandes villes, nous dit-on, constituent une catégorie homogène, marquée par un électorat « écolo bobo », qui explique, par exemple, le maintien à gauche de Paris, Lyon et Marseille. Cela suffit-il à expliquer les résultats de configurations territoriales aussi différentes que celles de Paris, qui repousse progressivement ses couches populaires vers la banlieue, et de Marseille, qui, à l’inverse, incorpore la banlieue au périmètre de la ville centre ? Et que dire de Bordeaux, dont la dynamique territoriale récente consiste, dans la dernière décennie, sous l’effet de l’accessibilité à Paris, à attirer toujours plus de ces électeurs « écolo bobos » et qui, malgré cela, change de bord et retrouve son conservatisme modéré ancestral ?

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Les villes moyennes, elles, présenteraient la singularité territoriale de « virer à droite », voire à l’extrême droite. Faut-il y voir un comportement politique propre à cette catégorie de villes ? Ne doit-on pas plus considérer que ces villes moyennes, préfectures ou sous-préfectures, maillant le territoire national, en constituent en quelque sorte un modèle réduit ? Autrement dit, le virage à droite constaté ne serait pas l’apanage des électeurs des villes moyennes, mais celui de la société française dans son ensemble.

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