
Le scénario tant redouté d’une évasion massive du camp d’Al-Hol, qui abrite les familles des membres présumés de l’organisation Etat islamique (EI) dans le Nord-Est syrien, s’est concrétisé. Après le retrait des Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, le 20 janvier, sous la pression des forces gouvernementales syriennes, qui en ont pris le contrôle le lendemain, le camp s’est vidé de la majeure partie de ses 24 000 résidents, notamment les 6 300 femmes et enfants de djihadistes étrangers qui résidaient dans la section de haute sécurité appelée « l’Annexe », expliquent deux sources humanitaires au Monde, confirmant une information de l’Agence France-Presse (AFP).
Selon Arthur Quesnay, un expert de la Syrie, « 80 % des occupants d’Al-Hol se seraient évadés ». « Ce n’est pas forcément le fruit de la volonté de Damas, mais cela traduit un réel manque de contrôle sur ses forces, notamment sur les groupes de combattants étrangers qui ont joué un rôle prépondérant dans l’élan de solidarité qui s’est manifesté depuis la province d’Idlib [nord-ouest] pour ramener les familles d’Al-Hol », analyse le chercheur en sciences politiques. « Le gouvernement est sous la pression de sa base – en particulier, les milliers de combattants étrangers intégrés à l’appareil sécuritaire –, qui considère ces évacuations comme une opération humanitaire », poursuit-il.
Il vous reste 75.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.








