
Nasser Al-Khallaf se tient devant le tableau de bord, détruit, grâce auquel il surveillait jadis le fonctionnement des turbines du champ pétrolier Al-Omar. Après dix années passées loin de ce site situé dans les confins désertiques du sud-est de la Syrie, dans la province de Deir ez-Zor, l’ingénieur en électricité, natif de la région, a retrouvé le poste qu’il occupait entre 2008 et 2015. Mais sa mission se résume aujourd’hui à évaluer les dégâts subis par les installations durant les quatorze années de la guerre civile (2011-2024).
Les employés de la compagnie pétrolière Al-Furat, une joint-venture entre une entité publique et des compagnies privées étrangères, dont Shell, ont réinvesti les lieux après que les nouvelles autorités syriennes ont repris le champ d’hydrocarbures aux Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), le 18 janvier. Ils en avaient été chassés par l’organisation Etat islamique (EI), en août 2015, et avaient été transférés sur le site d’Al-Taym, sur l’autre rive de l’Euphrate, resté aux mains du régime de Damas. « La coalition [internationale de lutte anti-EI] a bombardé les collecteurs de gaz et tous les endroits où l’EI se trouvait », déplore l’ingénieur.
Les dégradations se sont poursuivies sous les FDS, qui se sont emparées du champ Al-Omar, avec la coalition internationale, fin 2017. Les nouveaux maîtres des lieux ont relancé l’exploitation pétrolière avec les moyens du bord. « Les FDS ont distribué les puits à des tribus pour qu’elles les exploitent et leur reversent l’argent. Le pétrole était vendu sans transformation. Les FDS les ont laissées bricoler les installations sans respecter les standards internationaux », se désole M. Al-Khallaf.
Il vous reste 84.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.












