Il est 19 heures ce dimanche 30 mars et Mathilde, 12 ans, franchit avec trois copains les grilles du parc Bravo Murillo, à Madrid, pour passer le début de la soirée. « Comme j’ai école demain, je dois rentrer chez moi vers 21 heures. Le vendredi ou le samedi, je peux rester jusqu’à 22 heures. On se promène, on va au Burger King, on parle… Et puis l’été on peut rester dehors plus longtemps, comme il fait nuit plus tard », explique la jeune fille menue aux longs cheveux noirs et aux lunettes rondes. Ses amis acquiescent.
Les beaux jours arrivent en Espagne et, avec eux, des foules de gamins, à peine entrés dans l’adolescence, prennent leurs quartiers dans les parcs et les rues de Madrid et ses villes de banlieue, jusqu’à des heures avancées de la soirée. Des sacs de bonbons dans les poches, ils traînent, squattent des bancs, téléphone à la main, jouent à Brawl Stars sur leur portable ou papotent avant d’aller au kebab ou au fast-food.
Dès 12 ans, on se balade donc avec sa pandilla, sa bande, jusqu’à 22 heures ou 23 heures le week-end, voire bien plus tard, au cœur de l’été. Quand une fête foraine s’installe, les parents donnent même la permission de revenir bien après minuit. A 15 ans, les jeunes se retrouvent autour d’un botellon, cette coutume qui veut qu’assis par terre, en cercle, on fasse tourner des bouteilles de bière ou de Coca-Cola mélangé à du vin. Ils n’ont plus d’horaires, mais le téléphone dans la poche pour demander à papa ou à maman, si besoin est, de venir les chercher alors que la nuit est bien avancée.
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