Tidjane Thiam pourra-t-il concourir à l’élection présidentielle ivoirienne, dont le premier tour est prévu le 25 octobre, sous les couleurs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ? C’était tout l’enjeu de l’audience à huis clos qui opposait, mercredi 2 avril au palais de justice d’Abidjan, les avocats de l’ancien patron de Credit suisse à ceux de Valérie Yapo, une dissidente du parti, qui conteste la légitimité de son nouveau chef. L’importance politique de la séquence judiciaire a inévitablement mobilisé cadres et militants du principal parti d’opposition ivoirien.
Pendant l’audience, des clameurs et des chants des députés, écharpe orange-blanc-vert au cou, accompagnés de quelques dizaines de militants, montaient jusqu’au bureau du juge des référés pour soutenir leur nouveau champion, élu triomphalement à la présidence du parti en décembre 2023 avec plus de 96 % des voix. Ils ont finalement été repoussés du parvis du tribunal par les forces de l’ordre. La décision du juge est attendue le 11 avril.
Valérie Yapo, exclue en octobre 2024 du bureau politique du parti pour « indiscipline notoire », avait initialement saisi la justice pour demander sa réintégration. Mais la direction du PDCI ayant annulé le 26 mars les sanctions qui la visaient, elle a finalement reformulé ses requêtes. Valérie Yapo demande désormais au juge des référés « la suspension provisoire des activités de tous les organes décisionnaires du PDCI mis en place par Tidjane Thiam ainsi que celles de ce dernier à la tête du parti », selon les avocats du PDCI, et exige que la direction du parti soit transférée à un administrateur provisoire.
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