
« Cette année, j’ai choisi de faire venir à la capitale mes parents du Hebei. On s’est dit qu’il fallait être un peu plus pragmatiques avec les valeurs familiales traditionnelles. » L’expérience d’apparence anodine de ce col blanc trentenaire du quartier animé de Xidan, à Pékin, illustre une petite révolution culturelle : le Fan Xiang Guo Nian ou Nouvel An inversé. Plutôt que d’aller braver, le visage perlé de sueur, les gares saturées ou les embouteillages monstres pour rejoindre leur village natal, de plus en plus de jeunes Chinois font la démarche inverse en invitant leurs parents à les rejoindre en ville. Ce phénomène, devenu viral sur les réseaux sociaux, redessine les contours de la plus grande fête nationale – neuf jours de congé officiels s’achevant le soir du lundi 23 février et des festivités s’étirant jusqu’au 3 mars – au profit d’un nouvel équilibre personnel.
Les réservations de billets d’avion liées à cette pratique ont bondi de 84 % sur un an en février, selon l’agence Meituan Travel. Les grands centres urbains tels que Pékin, Shanghaï, Guangzhou, Shenzhen, Chengdu et Chongqing se sont imposés comme les destinations-clés. Selon la plateforme de voyage Qunar, le nombre de voyageurs de plus de 60 ans a progressé de plus de 35 % sur un an pendant les festivités. Beaucoup d’entre eux ont quitté des petites villes pour rejoindre les grandes métropoles.
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