Un citoyen français, employé selon le ministère par l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a été interpellé, le 3 mars 2026, aux alentours de la localité de Zémio (Centrafrique), a annoncé, lundi 9 mars, le ministère de la défense centrafricain dans un communiqué. Cette arrestation est justifiée, selon le ministère, par « de sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou », notamment « des contacts avec des éléments criminels » et « une agitation subversive auprès de la population locale de l’ethnie azandé » pour « la dresser contre les autorités légalement élues en RCA ».
« Ce dossier est suivi très attentivement par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et notre ambassade en République centrafricaine, qui a pu s’assurer qu’il va bien », a réagi le Quai d’Orsay, selon qui l’ambassade « est en dialogue étroit avec les autorités centrafricaines à son sujet ».
L’homme, détenu par la gendarmerie, est entré illégalement en Centrafrique depuis la République démocratique du Congo (RDC) en contournant les points de passage établis et ne disposait pas de document justifiant de la légalité de sa présence sur le territoire centrafricain. Il sera transféré dans les prochains jours à Bangui pour « établir toutes les circonstances de l’affaire, y compris » son « implication possible (…) dans un réseau plus large de déstabilisation des institutions républicaines ».
Selon le Quai d’Orsay, le travailleur humanitaire travaillait dans le camp de réfugiés azandé de Zapay en RDC et s’est rendu dans la ville de Zémio, en RCA, « de manière ponctuelle dans le cadre de ses activités professionnelles » et « dans le cadre strict de ce projet ». Contactée par l’Agence France-Presse (AFP) à Bangui, MSF n’a pas souhaité commenter.
Des soupçons de déstabilisation et d’entrée illégale
La situation sécuritaire en Centrafrique, Etat enclavé d’Afrique centrale, s’est améliorée après la sanglante guerre civile des années 2010. Mais la ville de Zémio et la préfecture du Haut-Mbomou, à la frontière avec le Soudan du Sud et la RDC, sont des zones particulièrement sensibles pour les autorités.
Des affrontements y ont notamment opposé début janvier l’armée centrafricaine, épaulée par des paramilitaires russes, à la milice Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG), un groupe armé issu de la communauté Azandé, majoritaire dans la région. Dans son communiqué, le ministère centrafricain fait état dans la zone de « tentatives d’ingérence extérieures et de la diffusion de fausses informations dans le but de saper la confiance de la population envers les autorités légitimes et leurs alliés ».
L’annonce de cette arrestation intervient peu avant le déplacement prévu jeudi à Bangui du ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, qui doit y rencontrer le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra. Cette visite est la première en Centrafrique d’un chef de la diplomatie français depuis sept ans alors que les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées ces dernières années à mesure que la Russie y renforçait son influence.












