Les deux employés français et centrafricain de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) arrêtés début mars dans le sud de la Centrafrique ont été libérés mercredi 11 mars, a annoncé l’ONG. « Nous confirmons que nos deux collègues sont sortis de détention ce 11 mars en fin de journée », a déclaré MSF à l’Agence France-Presse (AFP).
MSF avait annoncé mardi que deux de ses employés, un Français et un Centrafricain, avaient été arrêtés début mars dans la ville de Zemio, dans le sud du pays, à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), et étaient depuis détenus à Bangui, la capitale. La veille, le ministère de la défense centrafricain avait annoncé la seule arrestation de l’employé français de MSF sur la base de « sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou ».
Leur libération intervient la veille du déplacement prévu jeudi à Bangui du ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, qui doit y rencontrer le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, la première visite d’un chef de la diplomatie française en Centrafrique depuis sept ans.
MSF avait précisé après leur arrestation que ses deux employés faisaient partie d’une équipe de l’ONG « présente à Zapay, dans le nord de la RDC » depuis février et qui s’étaient « rendus à Zemio sur l’invitation des autorités civiles locales ».
Les autorités centrafricaines ont de leur côté affirmé que l’employé français de MSF était entré illégalement en Centrafrique, depuis la RDC, en contournant les points de passage établis, et qu’il ne disposait pas de document justifiant de la légalité de sa présence sur le territoire centrafricain.
Un contexte sécuritaire toujours tendu dans la région
Arrêté en mai 2024 dans cette même localité de Zemio, un consultant belgo-portugais d’une ONG américaine, Joseph Figueira Martin, reste incarcéré en Centrafrique, après avoir été condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés, notamment pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».
La situation sécuritaire en Centrafrique, Etat enclavé d’Afrique centrale, s’est améliorée après la sanglante guerre civile des années 2010. Mais la région du Haut-Mbomou, frontalière du Soudan du Sud et de la RDC, demeure le théâtre d’affrontements entre l’armée et les paramilitaires russes de Wagner d’un côté, et des milices locales de l’autre.












