
C’est la mère de toutes ses batailles, celle sur laquelle repose l’essentiel de son bilan. L’inflation, passée de 211,4 % en 2023 à 31,5 % en 2025, donne du fil à retordre à Javier Milei en ce début d’année. Sujet particulièrement sensible en Argentine, indicateur du succès ou de l’échec du programme économique du président ultralibéral, elle est scrutée mois après mois par la population comme par l’exécutif. Or, l’inflation est repartie à la hausse depuis juin 2025, si bien que le doute plane sur la capacité du gouvernement à tenir son objectif de 10,1 % pour 2026. Les marchés, eux, anticipent le double.
Les doutes se sont intensifiés depuis le 2 février. Ce jour-là, Marco Lavagna, jusque-là directeur de l’institut argentin des statistiques, l’Indec, a claqué la porte de son institution quelques jours avant l’annonce, mardi 10 février, de l’indice des prix à la consommation du mois de janvier, ressorti à 2,9 %.
Sous son impulsion, cet indice devait faire peau neuve en 2026, avec une nouvelle méthode de calcul, plus fidèle aux habitudes de consommation actuelles. En donnant notamment plus de poids à l’électricité, au gaz et à l’eau, dont les subventions sont éliminées petit à petit par le gouvernement, le nouvel indice des prix pourrait être plus élevé que dans sa version actuelle, qui se base sur les modes de consommation de 2004. Tout laisse penser que ce n’est pas du goût du gouvernement, qui a de nouveau reporté sine die son lancement, déjà ajourné une première fois avant les élections législatives de mi-mandat d’octobre 2025. C’est cette situation qui a poussé le directeur de l’institut à démissionner.
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