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A Rittershoffen (Bas-Rhin), un village de près de 1 000 habitants situé à 50 kilomètres de Strasbourg, Véronique Voegler se souviendra longtemps de la soirée du 4 décembre 2025. « Il devait être 20 heures quand une détonation a retenti, suivie de tremblements de la maison. J’ai eu vraiment peur, raconte-t-elle. D’autant que ça a recommencé la nuit, au point de me réveiller. » Près de quatre mois plus tard, la sexagénaire fait le tour de son habitation et montre les peintures intérieures et le crépi extérieur lézardés sur plusieurs mètres, en longues fentes verticales ou horizontales.

Le soir du 4 décembre, une quinzaine de maisons du village ont été endommagées par une secousse d’une magnitude de 2,7 ressentie sur un très large périmètre, qui s’inscrit dans une séquence de 250 miniséismes depuis plusieurs mois. Les activités d’une entreprise d’extraction d’eau chaude issue des cavités de la faille rhénane, 2,5 kilomètres sous terre, sont rapidement mises en cause et arrêtées comme prévu dans l’autorisation préfectorale.

« Faire circuler des fluides en profondeur peut créer une microsismicité. On ne peut pas l’éviter, mais il faut en limiter la magnitude », explique Francesca de Santis, de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques. « Au-dessus d’une magnitude 2, nous estimons qu’ils peuvent créer des nuisances », ajoute-t-elle. D’autant qu’à magnitude égale ces séismes d’origine humaine sont beaucoup plus ressentis que des tremblements de terre naturels, ancrés plus profondément.

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