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A l’approche des élections européennes, les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland ; AfD). Après l’ouverture de deux enquêtes contre la tête de liste du parti, l’eurodéputé Maximilian Krah, soupçonné d’avoir reçu illégalement de l’argent de de sources russe et chinoise, deux jugements rendus à vingt-quatre heures d’intervalle sont venus confirmer que l’AfD, crédité de 15 % à 17 % d’intentions de vote pour le scrutin du 9 juin, n’est pas un parti comme les autres.

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Mardi 14 mai, le leader de l’aile radicale de l’AfD, Björn Höcke, 52 ans, a ainsi été condamné par le tribunal de Halle (Saxe-Anhalt) à 13 000 euros d’amende pour avoir « utilisé un signe distinctif d’une organisation anticonstitutionnelle et terroriste ».

« Tout pour notre patrie »

M. Höcke comparaissait pour avoir déclaré, en 2021, lors d’un meeting organisé par le parti dans la petite ville voisine de Mersebourg : « Tout pour notre patrie, tout pour la Saxe-Anhalt, tout pour l’Allemagne ! » Le problème est que la formule « Tout pour l’Allemagne » (alles für Deutschland) était le mot d’ordre des SA (sections d’assaut), la milice paramilitaire du Parti national-socialiste d’Adolf Hitler. Or, selon le paragraphe 86 du code pénal allemand, il est interdit d’utiliser en public des slogans ou des symboles du IIIReich.

Pendant son procès, qui s’est ouvert le 18 avril, M. Höcke a assuré ignorer qu’il s’agissait d’une formule nazie. Une affirmation « ni crédible ni compréhensible », a estimé, mardi, le procureur de Halle, Benedikt Bernzen, rappelant que l’accusé est un ancien professeur d’histoire et qu’il a « manifestement une bonne connaissance du vocabulaire nazi ». Le 16 mars 2016, lors d’une manifestation de l’AfD à Erfurt, en Thuringe, Land de l’ex-Allemagne de l’Est dont il est député régional depuis 2014, M. Höcke avait ainsi traité Sigmar Gabriel, alors ministre de l’économie et président du Parti social-démocrate, de « corrupteur du peuple » (Volksverderber), un terme utilisé par Hitler dans son livre Mein Kampf, pour désigner les juifs.

En condamnant M. Höcke à 13 000 euros d’amende, le tribunal de Halle est allé bien en deçà des réquisitions du procureur, qui avait demandé une peine de six ans de prison avec sursis. Il n’empêche : ce jugement vient rappeler que les références du chef de l’AfD en Thuringe s’enracinent dans le passé le plus sombre de l’histoire allemande. Davantage encore que pour ses emprunts plus ou moins déguisés à ce que le philologue Victor Klemperer (1881-1960) avait appelé la « langue du IIIe Reich », M. Höcke est connu pour un discours qu’il a prononcé à Dresde (Saxe), en janvier 2017.

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