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Histoires Web samedi, février 21
En Albanie, une manifestation de l’opposition vire à l’affrontement avec la police

Un rassemblement organisé par l’opposition albanaise contre le gouvernement a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, vendredi 20 février, à Tirana.

Des milliers de partisans du Parti démocratique (droite), dirigé par le vétéran de la politique locale et ancien premier ministre Sali Berisha, répondent régulièrement ces derniers mois au mot d’ordre « dernier kilomètre », et se rassemblent devant le siège du gouvernement pour réclamer le départ du premier ministre socialiste Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.

« Nous allons sauver l’Albanie face à Edi Rama qui a plongé le pays dans la pauvreté et la corruption », a lancé à la foule M. Berisha, 81 ans. « Il n’est qu’un cadavre politique », a-t-il lancé. Mais il a dû mettre fin à son discours peu après, lorsque plusieurs manifestants se sont mis à tirer sur le siège du gouvernement avec un canon à feu d’artifice et à lancer des cocktails Molotov sur le parvis et contre la façade du bâtiment.

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Des dizaines d’interpellations

La police a dispersé la foule en utilisant plusieurs canons à eau et du gaz lacrymogène. Emmenés par M. Berisha, les manifestants se sont ensuite dirigés devant le Parlement, à quelques centaines de mètres de là, où ils ont été confrontés à un important dispositif des forces de l’ordre, dont des unités antiémeutes.

Des scènes d’affrontement entre les manifestants et la police ont duré pendant environ deux heures dans les rues à proximité du Parlement. Une trentaine de manifestants ont été interpellés, selon la police. De son côté, le Parti démocratique a fait état d’une quarantaine d’interpellations de ses militants.

La ministre de l’intérieur, Albana Koçiu, a dénoncé des actes de « vandalisme ». « Attaquer la police n’est pas un acte de bravoure, c’est un crime. Ce n’est pas une protestation contre le gouvernement, c’est une protestation contre l’Albanie qui fonctionne, contre la stabilité », a-t-elle écrit sur les réseaux.

Tensions politiques et accusations de corruption

La vie politique albanaise est marquée depuis des années par des heurts jusqu’au sein du Parlement et des attaques verbales virulentes, les partis échangeant régulièrement insultes et accusations de corruption et de liens avec le crime organisé.

Les tensions se sont intensifiées depuis novembre, après l’inculpation dans une affaire de corruption de la vice-première ministre et ministre des infrastructures, Belinda Balluku, une proche de M. Rama, suspendue de sa fonction par une procédure en justice. Inculpée de favoritisme dans des appels d’offres concernant des projets d’infrastructure routière, elle rejette les accusations du parquet.

Plusieurs anciens ministres dans les gouvernements d’Edi Rama ont été visés par la justice dans des affaires de corruption. Sali Berisha lui-même est soupçonné d’avoir attribué des contrats publics à ses proches à l’époque où il était au pouvoir, ce qu’il nie fermement.

La lutte contre le crime organisé et la corruption est l’une des principales conditions à l’adhésion de l’Albanie à l’Union européenne.

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Le Monde avec AFP

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