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« Il y a les grandes histoires d’amour, mais il y a aussi les petites histoires d’amour, les petites histoires de séduction, les petites histoires qui n’arrivent pas… Le format du court-métrage offre la possibilité de raconter ces histoires aux enjeux peut-être moins volumineux, passionnels ou vitaux, mais tout aussi passionnants que les autres », formule Emmanuel Mouret. Le réalisateur a continué de tourner des films d’une quinzaine de minutes après être passé au long (entre Laissons Lucie faire !, 2000, et Chronique d’une liaison passagère, 2022). Ils ne sont pas si nombreux, les cinéastes à être restés fidèles au court… On peut citer en tout et pour tout les expérimentateurs Leos Carax (C’est pas moi), Yorgos Lanthimos et Michel Gondry.

Lire la critique de « C’est pas moi » : Article réservé à nos abonnés Tout Leos Carax en quarante minutes et quelques poussières

« Tourner des courts-métrages est aussi un moyen de pratiquer régulièrement », ajoute Emmanuel Mouret. Son neuvième « petit film », La Réputation, coécrit et coréalisé avec Carmen Leroi, également actrice, concourt dans la sélection fiction de la 33e édition du festival Côté court de Pantin (Seine-Saint-Denis), qui a lieu jusqu’au 15 juin. Le rendez-vous est célèbre pour avoir montré les premières images des frères Larrieu, d’Alain Guiraudie, de François Ozon, Sophie Letourneur, Justine Triet, Guillaume Brac… Cette année, l’événement propose également un focus sur le cinéma iranien, une rétrospective Laurent Achard (mort le 24 mars) et une conversation avec Juliette Binoche.

Etre fantasmé

Sous ses allures de fable légère, La Réputation aborde un thème dont le cinéma s’est assez peu emparé, mais dont on se dit, après visionnage, qu’il est peut-être bien à l’origine de bon nombre de scénarios. A savoir combien notre réputation est affaire de récits… « Chacun d’entre nous est le fruit de plusieurs récits, nos relations ne sont qu’un tissu de ces récits… Nous avons pensé que cette idée pouvait se déployer au cinéma », décrit Emmanuel Mouret, rejoint par Carmen Leroi : « C’est l’histoire d’un personnage sur lequel les autres projettent beaucoup de choses, ce qui finit par modifier leur perception sans que lui-même change de comportement. »

La trame de cette comédie, plus sentimentale qu’on ne le croit, est la suivante : Lina, réalisatrice, apprend par une amie que Bastien, le monteur son avec lequel elle travaille, est un grand séducteur. Pourtant, le garçon n’a rien d’un Casanova, il n’est pas particulièrement élégant ni délicat ou drôle… En deux mots, il est tout à fait résistible. Alors que Lina ne prête aucune attention aux rumeurs, l’insistance de son entourage finit par altérer sa perception. Pourquoi donc ce garçon ne cherche-t-il pas à la séduire ? C’est ainsi que les derniers jours de montage se muent – pour elle – en de pseudo-rendez-vous galants avec l’être fantasmé.

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