Meilleures Actions

Le candidat de l’union de la gauche sans La France insoumise, Emmanuel Grégoire, a accusé, jeudi 19 mars, Emmanuel Macron d’être « personnellement intervenu (…) à différents niveaux pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo » dans les municipales à Paris, ce que le président a démenti. Interrogé au micro de Franceinfo, M. Grégoire a notamment accusé le chef de l’Etat d’avoir agi « auprès d’intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête ! ».

Lire aussi | EN DIRECT, municipales 2026 : Emmanuel Macron dément être intervenu en faveur du retrait de Sarah Knafo à Paris et juge qu’Emmanuel Grégoire se « déshonore » en l’accusant

Après l’annonce de la fusion des listes de Rachida Dati (Les Républicains, LR, 25,46 %) et de Pierre-Yves Bournazel (Horizons, 11,34 %), la candidate d’extrême droite Sarah Knafo (Reconquête !, 10,4 %) avait quitté la course, mardi 17 mars.

« Ces propos n’ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça, à l’emporte-pièce (…) ce n’est pas sérieux », a réagi le président de la République à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles. « Je ne connais pas Mme Knafo à titre personnel », a affirmé le chef de l’Etat, qui soutient la candidature de son ancienne ministre de la culture, Rachida Dati, à Paris.

« Compte tenu de la situation » internationale et économique, « que le président de la République ait du temps à perdre à s’occuper de ce type de sujet est un peu incongru au regard de la charge qui est la sienne », avait aussi réagi Emmanuel Grégoire jeudi matin, accusant M. Macron de « porter une responsabilité immense dans l’effondrement moral et politique du pays ».

« Double discours »

Le chef de l’Etat a rétorqué qu’il « n’intervenait pas du tout dans ces municipales », bien que, selon des cadres macronistes, il ait fait pression à Paris pour une fusion des listes de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) et de Rachida Dati après le premier tour.

Emmanuel Macron s’était également exprimé mercredi en conseil des ministres, où il avait mis en garde contre les « arrangements des partis » avec les « extrêmes » des deux bords de l’échiquier politique qui « demeurent dangereux pour la République ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Municipales à Paris : après le retrait de Sarah Knafo, un second tour à trois candidats

Mais pour Emmanuel Grégoire, le chef de l’Etat « a l’habitude de montrer son double discours entre les grandes pratiques qu’il dénonce et les petites manœuvres qu’il met en œuvre ». « En politique, tout est bon pour gagner, y compris les plus grandes forfaitures morales », ajoute-t-il. « Vous croyez que Sarah Knafo, elle s’est retirée pour rien ? Le message, c’est : je me retire pour laisser gagner la droite et vous vous retirerez, vous nous soutiendrez dans la dynamique d’union des droites en 2027 », analyse-t-il encore.

De son côté, la principale intéressée a accusé Emmanuel Grégoire de « panique[r] et sombre[r] dans le complotisme » à l’issue d’un débat, jeudi soir, où elle l’a jugé « calamiteux ». « Emmanuel Macron n’arrive même plus à se faire respecter de ses propres alliés, mais il va avoir une influence sur ses opposants ? Soyons sérieux », poursuit Sarah Knafo sur X, affirmant s’être désistée en raison d’Emmanuel Grégoire lui-même et de son « programme communiste ». « Je n’obéis à personne », ajoute l’eurodéputée, vantant sa « liberté et [son] sens du devoir ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Débat des municipales à Paris : Emmanuel Grégoire sous le feu croisé de Sophia Chikirou et de Rachida Dati

Le Monde avec AFP

Share.