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Pour avoir grandi au domaine de Montretout, le fief des Le Pen sur les hauteurs de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), Marion Maréchal connaît deux ou trois choses de la vie politique et de sa propre famille. Elle sait qu’on ne gagne rien à insulter l’avenir, surtout lorsque celui-ci porte le patronyme le plus célèbre de l’extrême droite française et dépasse les 30 % des suffrages. La tête de liste Reconquête !, fraîchement élue au Parlement européen, a donc commencé, lundi 10 juin, à tirer les dividendes d’une campagne qu’elle avait choisie de mener à fleurets mouchetés face au Rassemblement national (RN). Elle est revenue à la maison-mère, au siège du parti, le temps d’une réunion d’une heure et demie très médiatisée avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Le dernier épisode en date de la saga familiale de l’extrême droite, faite de ruptures et de réconciliations sur fond d’intérêts bien compris, visait à préparer les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet.

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Ce lundi, il a fallu faire fuiter au Figaro l’information d’une rencontre entre Jordan Bardella, Marine Le Pen et Marion Maréchal, en préciser l’heure et le lieu, pour que les caméras des chaînes d’information en continu puissent offrir cette stupéfiante mise en scène : le retour de l’enfant prodigue du lepénisme. Elle avait quitté le parti familial en 2017 par désaccord idéologique et stratégique, rejetant sa normalisation sociétale, la supposée « gauchisation » de sa ligne économique et son refus d’une union de la droite aux extrêmes droites. Sept ans plus tard, nantie d’un petit 5,5 % des suffrages exprimés aux européennes, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen revient négocier une alliance électorale.

Après un entretien décrit comme positif, Jordan Bardella puis Marion Maréchal ont vanté successivement devant les caméras une possible « union nationale » pouvant conduire l’extrême droite à Matignon. Une « union » avec ceux ayant eu « une attitude constructive », a précisé Jordan Bardella, écartant nommément Eric Zemmour. Ce « cadre » de discussions, Marion Maréchal en « prend acte » avec un large sourire. Peu importe que le grand vainqueur des élections européennes n’ait pas eu lui-même un comportement des plus constructifs durant la campagne, souhaitant ouvertement pour Reconquête ! et Les Républicains un score inférieur à 5 %, synonyme de disparition.

Pas de « ligne rouge »

« Il y a un choix qui s’offre à moi », explique Marion Maréchal, promettant de faire en sorte d’intégrer ses idées conservatrices et identitaires à la plateforme portée par le RN dont le programme ne lui sied toujours pas hormis, dans les grandes lignes, sur l’immigration. « La volonté de Marion est de donner un débouché politique pour les adhérents, militants et électeurs de Reconquête !, explique son directeur de campagne, l’identitaire niçois et ancien frontiste Philippe Vardon. Est-ce que l’on veut jouer un rôle dans cette union nationale dont parle Jordan Bardella, ou simplement regarder passer les événements ? »

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