Chaque vendredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, direction la Tunisie, l’Algérie et le Maroc en compagnie d’artistes de la diaspora en Belgique, en France et au Canada.
« Leghreeb », de Jawhar
Auteur-compositeur belgo-tunisien, Jawhar est de retour depuis janvier avec un cinquième album, Khyoot. Un titre qu’on peut traduire par « fils », « filaments » ou « ficelles » et qui fait référence aux liens invisibles qui nous tiennent debout et nous permettent d’avancer.
Adepte d’une folk épurée et poétique, l’artiste livre douze chansons tout en douceur et nostalgie, à l’image du morceau Leghreeb, décrit comme « un appel à aller au-delà des limites de la réalité en puisant la liberté à l’intérieur de soi ». On retrouve sur cet opus le pianiste Eric Bribosia et le multi-instrumentiste Yannick Dupont, mais aussi la chanteuse Azza Mezghani, qui apporte une grâce supplémentaire en venant superposer sa voix à celle de Jawhar.
« El Hourriya », de Djazia Satour & PL Jamain
Piano, voix et bendir. Telle est la formule du prochain EP de sept titres de Djazia Satour, El Hourriya (« la liberté », en arabe), à paraître le 11 avril. Pour le réaliser, la chanteuse née en 1980 à Alger – et qui vit en France depuis l’enfance – s’est associée au pianiste Pierre-Luc Jamain tout en frappant de ses mains le tambour sur cadre caractéristique du Maghreb, fait d’un cerclage de bois, d’une peau de chèvre et de cordes en boyau.
Sur le morceau éponyme, celle qui a commencé la musique en tant que choriste pour Gnawa Diffusion, avant de sortir deux albums solo en 2014 et 2018, déplore que la « liberté » ne soit qu’un « conte pour enfants » : « Chaque fois que nous t’appelons, c’est la servitude qui nous répond », chante-t-elle.
« Ana Mrid », de Ta Ha
Enfin, direction le Maroc, où un jeune artiste remet au goût du jour le « malhoun », une poésie populaire chantée en darija. Installé au Canada, Taha Nouri alias « Ta Ha », 30 ans, s’est fait connaître à travers ses musiques de téléfilms et de feuilletons du ramadan, qui lui ont valu un succès inattendu (plus de 60 000 auditeurs mensuels sur Spotify).
Après un album, Ayeli Yayli, en compagnie du producteur Zamane, en 2023, il égrène les singles – dont le dernier en date, Ana Mrid – avant de s’attaquer à un album solo, s’inspirant d’un patrimoine vieux de plusieurs siècles tout en y apportant sa touche de modernité. « J’ai essayé de garder l’âme de la tradition marocaine, mais en la rendant un peu universelle », a-t-il confié à Radio France internationale.
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