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Histoires Web samedi, février 28

Donald Trump a fait accrocher, dans un couloir de la Maison Blanche, des portraits de présidents américains en y ajoutant des descriptions, à sa sauce, de leurs mandats. Les plaques se réfèrent ainsi à « Sleepy Joe » (« Joe endormi »), « Crooked Joe » (« l’escroc Joe ») et « Barack Hussein Obama ». Ce n’est pas un hasard : les sobriquets sont au cœur de la pratique du pouvoir de Trump.

Phonétiquement, ces expressions sont construites pour rester en tête. « Ce sont des surnoms très courts, très marqués, avec des allitérations et des assonances », analyse le docteur en civilisation américaine Jérôme Viala-Gaudefroy, auteur des Mots de Trump (Dalloz, 2024). « Lying Ted », « Little Marco », « Sleepy Joe », « Crooked Hillary » : ces surnoms sonnent comme ceux des héros de cartoons. Abaissants, ils sont pensés pour humilier ses adversaires.

Incessamment répétés, ces sobriquets ont un rôle similaire à celui des épithètes homériques dans l’Iliade et l’Odyssée : les groupes nominaux comme « Achille aux pieds légers » ou « Ulysse aux mille ruses » favorisent la mémorisation et la compréhension, selon le linguiste Milman Parry. Répéter « Sleepy Joe » ou « Crooked Hillary » permet ainsi à Donald Trump d’ancrer sa parole dans un monde où les individus ont pour seule identité celle qu’il leur donne.

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