Les Etats-Unis portent un coup spectaculaire contre l’ordre économique mondial qu’ils ont contribué à ériger après la seconde guerre mondiale. Présentant son pays comme une victime depuis des décennies, abusé de toutes parts sur le plan commercial, Donald Trump a annoncé, mercredi 2 avril, des tarifs douaniers sans précédent. S’exprimant dans la roseraie de la Maison Blanche, devant son cabinet réuni et des ouvriers automobiles de Detroit, le président a engagé son pays vers un modèle de forteresse, souvenir d’un monde fait de droits de douane et d’économies isolées. « Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a estimé le président. Selon lui, ce « jour de la libération » est un préalable à la renaissance de la base industrielle américaine.
Jamais depuis l’imposition des droits de douane Hawley-Smoot, en 1930, quelques mois après le krach de 1929, les Etats-Unis n’avaient érigé de telles barrières. « Le message de Trump est clair : la mondialisation est finie », éditorialise le Wall Street Journal. Présentée comme une « déclaration d’indépendance économique », cette offensive contre le monde entier, annoncée de longue date pendant la campagne présidentielle, est majeure : 34 % de droits de douane sur les importations chinoises (s’ajoutant aux 20 % déjà imposés depuis janvier), 20 % sur celles en provenance de l’Union européenne (UE), 32 % sur Taïwan et 24 % sur le Japon. Pour toute la planète, une ponction minimale de 10 % est infligée. Les marchés financiers étaient douchés par l’ampleur de l’annonce. Mercredi, dans les échanges post-clôture, le S&P 500 qui représente les grandes entreprises américaines reculait de 3,1 % et le Nasdaq riche en technologies de 4 %.
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