Sous des airs courtois, la tension est palpable ce mercredi 2 avril dans la salle de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Pendant deux heures, les députés Paul Vannier (La France insoumise, LFI, Val-d’Oise) et Violette Spillebout (Renaissance, Nord), corapporteurs de la commission d’enquête sur les violences à l’école à la suite de l’affaire de Bétharram, ont pressé de questions le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, au sujet du contrôle par l’Etat des 7 200 établissements de ce réseau.
Au cours d’un interrogatoire précis et documenté, Paul Vannier s’est attaché à souligner les contradictions du secrétaire général. Les deux hommes se connaissent depuis le rapport du député, coécrit avec l’ex-député Renaissance Christopher Weissberg, sur le financement public de l’enseignement privé sous contrat paru en avril 2024. Et ne s’apprécient guère, Philippe Delorme ayant trouvé ce document « à charge ».
Dans le cadre de l’audition du 2 avril, le député LFI s’appuie sur une lettre signée par Philippe Delorme et adressée à la directrice des affaires financières du ministère de l’éducation nationale le 29 novembre 2024. Ce courrier saisi par les corapporteurs lors d’une visite au ministère de l’éducation nationale, le 13 mars, détaille l’opposition du secrétaire général au contrôle de l’Etat sur le champ de la vie scolaire. Philippe Delorme y qualifie le guide du contrôle des établissements, en cours d’élaboration pour aider les inspecteurs à renforcer leur audit du privé sous contrat, de « manuel de l’inquisiteur » qui participe à un « système de délation ».
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