
Il a pour lui le nom et, à Arques (Pas-de-Calais), ça pèse. Candidat à la reprise d’Arc France, Timothée Durand est le fils de Philippe Durand, PDG du verrier de 1997 à sa mort brutale en 2015 et le petit-fils de Jacques Durand, l’emblématique patron de 1950 à 1984. C’était le temps de la grandeur, l’époque qui a vu la verrerie créée en 1825 devenir le leader mondial des arts de la table. Agé de 49 ans, Timothée Durand connaît bien l’entreprise placée en redressement judiciaire le 7 janvier. Il y a fait le gros de sa carrière jusqu’à son départ en mai 2024 quand l’actionnaire américain Dick Cashin a fait entrer deux nouveaux investisseurs au capital.
Son offre de reprise ne va pas sans casse sociale. Il prévoit en effet de supprimer près de 800 postes sur les quelque 3 500 que compte encore le site d’Arques – dont 500 départs volontaires et non-remplacements de départs à la retraite et 300 licenciements, selon les syndicats. Dans un territoire qui a encaissé récemment la perte de 320 emplois avec la fermeture de la cartonnerie RDM et du papetier Wizpaper, une telle saignée inquiète d’autant plus que les plans de refinancement à répétition que l’Etat a soutenus à coups de prêts (autour de 200 millions d’euros en dix ans) n’ont fait que « boucher les trous et gagner du temps », déplore un observateur du milieu économique régional. Il est de ceux, nombreux, qui déplorent que « les questions stratégiques n’aient pas été prises à bras-le-corps. On voit le résultat ».
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