Les deux hommes en garde à vue depuis mercredi dans le cadre de l’enquête sur la tête de cochon déposée devant le domicile de Christian Estrosi ont été mis en examen vendredi 13 mars, a annoncé le parquet. Quatre personnes au total ont été mises en examen dans cette affaire, dont les circonstances restent floues.
« A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d’envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d’autres personnes » que celles-ci et « celles identifiées et recherchées », a fait savoir le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué. Dans ce texte, le parquet précise que « les enregistrements [des caméras de vidéoprotection] permettaient d’identifier un véhicule susceptible d’être en lien avec les faits et la possible participation de quatre personnes ». Les deux personnes mises en examen vendredi l’ont été pour association de malfaiteurs et pour accès frauduleux dans un système de traitement automatisés de données.
Le 27 février au soir, l’actuel maire de Nice – fervent défenseur d’Israël – a découvert une tête de cochon accrochée à la grille de son immeuble, accompagnée du mot « connard » et d’une étoile de David. Une enquête a alors été ouverte par le parquet de Nice. Dans cette affaire, deux juges d’instruction ont été chargés d’une information judiciaire ouverte, entre autres, pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion ou violences aggravées visant un élu public.
Une affaire qui empoisonne la fin de campagne
A deux jours du premier tour des municipales, cette affaire empoisonne la campagne de M. Estrosi (Horizons), qui brigue un quatrième mandat de maire face à Eric Ciotti (Union des droites pour la République, soutenu par le Rassemblement national).
Concernant les deux hommes mis en examen vendredi, le premier, âgé de 46 ans, se présente comme spécialiste du marketing digital. Le second a fait carrière à la direction de surveillance du territoire, où il était inspecteur. Il a rejoint en 2011 le Bloc identitaire.
La semaine dernière, deux Tunisiens ont été mis en examen notamment pour violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence, et association de malfaiteurs. Ils ont tous deux été placés en détention préventive dans cette affaire. Dans son communiqué diffusé vendredi soir, le procureur de la République précise que « les investigations sur le véhicule et celles réalisées sur la provenance de la tête de cochon permettaient rapidement d’identifier deux individus susceptibles d’être impliqués, un né en 1988 en Tunisie et un second né en 1990 dans ce même pays ».
L’un des Tunisiens, spécialiste en informatique, a été en contact avec une responsable de la communication de M. Estrosi et a même rencontré le maire pour évoquer des actions de communication sur les réseaux sociaux, bien que, pour le moment, l’enquête en cours ne mette pas en cause le maire sortant. Lors d’une conférence de presse organisée jeudi après-midi, M. Estrosi a assuré vouloir « tordre le cou à la rumeur » selon laquelle il était à l’origine de cette attaque, et dit « attendre impatiemment la vérité sur cette histoire, comme tout le monde ».











