« Nous sommes confrontés à la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l’histoire » : l’avertissement émane de l’une des grandes vigies des marchés de l’énergie. Dans un entretien au Monde, vendredi 20 mars, Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), résume sans fard l’ampleur de la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui, en trois semaines, a fait bondir les cours du pétrole et du gaz.
Avant le conflit, environ 20 millions de barils transitaient chaque jour par le détroit d’Ormuz. La paralysie de cette artère maritime, exposée aux attaques de missiles et de drones des forces iraniennes, et les baisses de production, auxquelles sont contraints les pays exportateurs du golfe Arabo-Persique, privent déjà le marché de 11 millions de barils par jour (brut et produits pétroliers), selon l’estimation du patron de l’AIE. « Nous avons donc perdu plus de pétrole que lors des deux chocs pétroliers des années 1970 réunis », compare M. Birol, rappelant que, en 1973 comme en 1979, les pertes s’étaient élevées à 5 millions de barils quotidiens.
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