Suivre la pensée de Galilée en mouvement – et quel mouvement ! C’est ce que nous propose cet exemplaire du célèbre traité d’astronomie de Claude Ptolémée, l’Almageste, écrit au IIe siècle de notre ère. Sur les marges de gauche et de droite de cette édition, imprimée à Bâle en 1551, nous pouvons voir d’intrigantes annotations serrées. Elles ont été tracées de la main même du génial savant italien de la Renaissance, vers 1590.
C’est en feuilletant cet ouvrage mythique à la Bibliothèque nationale centrale de Florence (BNCF), en janvier, qu’Ivan Malara, postdoctorant, a découvert ces nombreuses annotations. Leur écriture lui rappelait celle de l’astronome, mathématicien et physicien toscan ; une intuition qui sera confirmée par les analyses graphologiques réalisées au Musée Galilée et à la BNCF. Qui plus est, ces commentaires écrits ressemblent à des passages d’œuvres de jeunesse de Galilée. Par exemple, à des extraits de De motu antiquiora (1589-1592), ouvrage consacré à la mécanique.
L’annotation de livres imprimés était une pratique courante à la Renaissance. Si courante, même, que la BNCF a constitué une collection spéciale d’ouvrages annotés, les Postillati. Or ces notes inscrites en marge, ou marginalia, passionnent les historiens des sciences. Ils y lisent, en effet, les marques du cheminement intellectuel de ceux qui les ont rédigées. Les savants y commentent, critiquent ou corrigent les arguments de l’auteur, renvoient vers d’autres sources, ajoutent des calculs ou des schémas, développent parfois de longs raisonnements…
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