Deux hommes en treillis sautent de l’avant d’un van qui vient de piler sur le parking. Des hurlements de douleur fendent l’air quand ils ouvrent les portes arrière de l’engin : ils en sortent une civière sur laquelle repose un soldat retenant ses intestins dans les mains et s’engouffrent dans un hangar faisant office d’hôpital de campagne. A l’intérieur, un autre homme à même le sol gémit, les deux jambes si abîmées qu’elles devront probablement être amputées sur place. Des camarades s’affairent autour de lui, passent un garrot, installent un goutte-à-goutte. D’autres blessés ont été stabilisés et recouverts de couvertures de survie. La scène est frappante, elle ne se déroule cependant pas sous le feu russe dans l’est de l’Ukraine, mais dans une caserne du nord de l’Angleterre.
Les blessures ouvertes sont des postiches très réalistes, les blessés des acteurs volontaires participant en cette fin mars à une intense session de simulation pour une cinquantaine de soldats et soldates ukrainiens formés à la médecine de guerre. Car si les pourparlers sont en cours entre Washington et Moscou sur un éventuel cessez-le-feu et si les dirigeants occidentaux, à l’initiative de la France et du Royaume-Uni, discutent depuis un mois d’une « coalition des volontaires » pour contrôler un éventuel arrêt des combats en Ukraine, il n’est pas question pour les Britanniques, qui dispensent cette formation de six semaines, de ralentir la cadence. Cinq ou six sessions sont assurées par an, avec des promotions d’environ 50 soldats par session.
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