
Plus de six cents jours de crise, sans gouvernement de plein exercice à Bruxelles-Capitale, la troisième région belge… mais, pour beaucoup d’habitants, ce nouveau record mondial – jusque-là détenu par le gouvernement fédéral belge, avec cinq cent quarante et un jours, en 2010-2011 – semble avoir peu de conséquences. Les métros roulent, les poubelles sont ramassées, les hôpitaux et les écoles fonctionnent. Aux yeux de certains dirigeants politiques aussi, ce vide n’a rien de dramatique : à force d’oukases et d’exclusions mutuelles, ils ont rendu impossible jusqu’ici la constitution d’une équipe ministérielle. Laquelle doit être obligatoirement composée de représentants francophones et néerlandophones, être présidée par une personnalité dite « asexuée linguistique » (hors quotas linguistiques) et compter cinq ministres et trois secrétaires d’Etat.
Pour Ariane Dierickx et beaucoup d’autres, l’absence de gouvernement se fait, en revanche, douloureusement sentir. Au cœur de Saint-Gilles, l’une des dix-neuf municipalités de la ville-région, elle dirige L’Ilot, une association qui gère treize centres d’hébergement pour des personnes en détresse. En quinze ans, le nombre de SDF a quintuplé : ils seraient au moins 11 000 aujourd’hui. L’Ilot, « dernier filet de sécurité », selon Mme Dierickx, est subventionné à 60 % par des fonds régionaux, reçoit des dons privés et se finance aussi par des activités de formation, de livraison de repas, etc.
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