Mars 2020. Afin de faire face à la propagation de la pandémie de Covid-19, Emmanuel Macron annonce le premier confinement. Pour les 45,5 millions de Français qui en sont équipés (l’« illectronisme » touche alors 16,5 % de la population), Internet devient d’un seul coup un « cordon ombilical avec l’extérieur », comme le décrit la MIT Technology Review. Du jour au lendemain, le temps moyen passé en ligne au quotidien bondit de 36 %.
Cinq ans plus tard, les archives du Web de la Bibliothèque nationale de France (BNF), sise dans le 13e arrondissement de Paris, offrent un répertoire singulier de ce que fut la vie en ligne des reclus français du Covid.
Eux-mêmes alors retenus de façon inédite à domicile, les bibliothécaires de la BNF et leurs collègues à travers la France ont radiographié, pour l’histoire, le « surinvestissement numérique » des citoyens sur une période allant du 1er février au 31 juillet 2020. D’abord à chaud, au gré de leur propre veille, puis en demandant à l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic) de produire une longue liste de noms de domaines contenant des thèmes comme « Covid », « SRAS », « corona » – dressant une carte des sites «. fr » créés à cette occasion.
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