Meilleures Actions

« Aimez la Cour, elle vous suivra avec force et ardeur », avait prévenu Alain Pichon à l’adresse de Didier Migaud lors de l’installation de ce dernier à la tête de la Cour des comptes, le 11 mars 2010. Derrière ces propos, une mise en garde à peine voilée de la part du doyen des présidents de chambre qui se faisait alors le relais d’une institution préoccupée à l’idée d’être dirigée par un non-magistrat. Les temps semblent avoir changé Rue Cambon. « Amélie de Montchalin n’est pas non plus issue de nos rangs mais elle s’est parfaitement glissée dans son nouvel habit », glisse-t-on parmi ses membres après l’audience solennelle d’installation, vendredi 13 mars, de l’ex-ministre de l’action et des comptes publics comme Première présidente. Une première pour une femme.

Une cérémonie en présence d’Emmanuel Macron et de plusieurs ministres, où Amélie de Montchalin a prêté serment et détaillé ses premières priorités. Et, surtout, tenté à nouveau de rassurer sur son indépendance.

Sa tâche s’annonçait en effet délicate après les remous suscités par sa nomination par Emmanuel Macron, le 11 février. Un choix très politique qui a fait naître des interrogations en interne sur l’impartialité et le positionnement de la Cour. Les oppositions sont aussi montées au créneau pour critiquer la nomination de cette macroniste de la première heure qui, selon eux, risque de devenir « juge et partie » sur les sujets budgétaires après son transfert direct depuis Bercy. « Ma première priorité sera de protéger l’indépendance de la Cour pour renforcer notre démocratie, a rétorqué Amélie de Montchalin lors de son discours. La probité et l’exemplarité de ses membres sont la clé de voûte de la confiance. A commencer par la Première présidente. »

Il vous reste 72.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.