Meilleures Actions
Histoires Web jeudi, avril 3
Bulletin

L’accélération du calendrier du procès en appel de Marine Le Pen ne représente aucunement « un quelconque désaveu » comme a pu le dire l’avocat de la cheffe de file de l’extrême droite, a déclaré mercredi 2 avril à l’Agence France-Presse (AFP) la procureure générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau. « Il ne s’agit pas d’avoir un quelconque désaveu, puisque le propre de l’appel, qui est un droit, c’est de recommencer à zéro l’examen de l’affaire », a-t-elle dit.

Reconnue coupable de détournement de fonds publics, la cheffe de file de l’extrême droite française a été condamnée à quatre ans de prison dont deux ans ferme assortis d’une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire.

Alors que Mme Le Pen et le parti d’extrême droite on fait appel, la première présidence de la cour d’appel de Paris et le parquet général ont annoncé mardi soir que la cour d’appel examinerait le dossier des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national, « dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026 », soit bien avant la présidentielle de 2027. Cette décision a été saluée par Marine Le Pen et d’autres personnalités politiques.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Condamnation du RN : Marine Le Pen met en scène le supposé étranglement financier du parti

L’avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, a estimé mercredi matin que la décision de la cour d’appel d’accélérer son calendrier était « totalement exceptionnelle » et constituait un « désaveu » du jugement en première instance. « La première décision est tellement difficilement défendable en ce qu’elle a été disproportionnée, que l’institution judiciaire éprouve le besoin de tenter de réparer en obtenant un audiencement absolument hors normes », a-t-il affirmé.

Un calendrier judiciaire sous pression

« L’audiencement, c’est quelque chose de complexe qui nécessite beaucoup d’anticipation et d’organisation », a souligné Mme Le Quéau. « Tout le monde savait, en tout cas tous les commentateurs avisés savaient quand même que dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, il y aurait un appel », quelle que soit la décision qui serait rendue en première instance, a-t-elle poursuivi. « Il y a déjà bien plusieurs mois que nous regardons le calendrier 2026 » pour voir à quel moment cette affaire pourrait être fixée, a relaté la magistrate.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après la condamnation de Marine Le Pen, la justice fait bloc face aux « réactions virulentes » et aux « menaces »

« Je ne veux pas que ce soit un enjeu de la campagne présidentielle à intervenir », a-t-elle fait valoir, disant vouloir « que les magistrats qui seront appelés à rendre leur décision dans cette affaire puissent le faire avec la sérénité nécessaire au terme d’un débat contradictoire ». Et d’ajouter : « Je ne veux pas que, dans le cadre de la campagne présidentielle qui s’annonce et qui va donc s’intensifier, l’institution judiciaire soit en permanence critiquée, vilipendée, interrogée. »

Procès des assistants parlementaires du FN : retrouvez nos tribunes après la condamnation de Marine Le Pen

Le Monde avec AFP

Share.
© 2025 Mahalsa France. Tous droits réservés.