Un actionnaire peut-il posséder une grande partie des journaux et magazines économiques d’un pays sans que cette concentration n’entraîne des conséquences néfastes pour l’indépendance éditoriale des journalistes ? La question, loin d’être nouvelle, se pose une fois encore avec le rachat du magazine Challenges – entériné le 30 décembre 2025 – par le groupe de luxe LVMH, déjà propriétaire de plusieurs autres titres économiques, Les Echos, Mieux vivre votre argent, Investir, Pour L’Echo, ou encore l’Opinion et l’Agefi.
Or, le rachat de Challenges n’a pas fait l’objet d’une évaluation préalable à la cession, comme le règlement européen sur la liberté des médias, le European Media Freedom Act (EMFA) l’oblige. Bien que ce texte soit entré en vigueur depuis le 8 août 2025, il n’a toujours pas de transposition législative ou réglementaire dans l’hexagone. L’ONG Reporters sans frontières (RSF), le syndicat national des journalistes (SNJ) et le SNJ-CGT ont donc saisi le Conseil d’Etat le 26 février afin de dénoncer « l’inaction » de l’exécutif et de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) sur le sujet. L’audience en référé suspension – en urgence – se tenait jeudi 12 mars à 11 heures.
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