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Histoires Web dimanche, août 31
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« Je n’ai jamais menti à mes parents, je ne vois pas pourquoi je ferais une exception pour mon métier », assène Lola. Assise bien droite sur son canapé rose, elle jette un regard en direction de sa mère. Sophie (le prénom a été modifié pour préserver son anonymat), coiffeuse à domicile, hoche la tête et acquiesce. « Lola a toujours été sage. Pas d’alcool, pas de clopes. Même pas une fugue. » Elle sourit à sa fille : « T’as jamais fait de bêtises, en fait. »

Leurs yeux bleus se croisent, complices. Lola vit dans une petite maison claire et bien rangée avec son copain. Une fois par semaine, sa mère lui rend visite et elles s’occupent de son potager. La ring light (lumière sur pied pour obtenir de meilleures couleurs au moment de tourner des vidéos) trône comme un totem au milieu du salon. Pendant qu’elle prépare un thé glacé, son chien vient se coller contre ses jambes.

La famille est soudée. Ainsi, lorsque Lola a révélé qu’elle se lançait comme « dominatrice », la nouvelle n’a pas créé de remous au sein du foyer. Frange blonde sur carré brun, la jeune femme de 23 ans a commencé cette activité à 18 ans, pendant le premier confinement, dans sa chambre, au domicile familial. A ce moment-là, elle était étudiante en licence de langues dans une université de la banlieue parisienne. « La fac nous avait totalement lâchés. On n’avait pas un seul cours en visio », se souvient-elle.

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« Cela m’a fait bizarre au début »

Elle entend alors parler sur X des « sugar daddys » et des « money slaves », ces hommes qui prennent plaisir à donner de l’argent à des femmes dominantes, voire à les entretenir. Elle poste un message sur son compte Twitter de l’époque : « J’ai juste demandé qui voulait bien m’acheter ma commande d’habits, m’entretenir en devenant “mon soumis”. Direct, un gars m’a répondu : “Je te paye tout ce que tu veux si tu m’insultes”. » Premier échange virtuel : 20 euros, par le biais d’un virement PayPal. Elle en parle aussitôt à ses parents : « Je me souviens que mon père a rigolé. Il m’a dit : “Profite, tant qu’il y a des gens prêts à payer pour ça !” »

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