Le terminal 3E de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise) était plongé dans la douce euphorie de l’arrivée des vols transatlantiques. En cette fin du mois de septembre 2024, les passagers en provenance de Rio de Janeiro avaient récupéré leurs bagages, et passaient un par un les portiques de sécurité. L’un d’entre eux, pourtant, avait le teint livide et les tempes perlées de sueur. Chaque inspiration semblait provoquer en lui une terrible souffrance.
Ce voyageur esseulé de 27 ans, détenteur d’un passeport brésilien, fut alors sommé par un agent des douanes de retirer son manteau, son pull et son tee-shirt, avant d’exhiber son torse enrubanné d’adhésif. Les douaniers eurent beau dérouler la bande collante avec une infinie précaution, elle était si fermement serrée que la manipulation s’acheva dans une explosion de poudre blanche – le voyageur transportait un peu plus de 2 kilos de cocaïne extrapure.
Ce convoyeur du ciel figure parmi les 250 « mules » mises en retenue douanière en 2024 dans les aéroports parisiens, contre 150 l’année précédente. Sa marchandise alourdit le bilan des saisies, lui aussi sans pareil, en hausse de 60 %, selon les chiffres communiqués au Monde par les douanes. Un trafic de fourmis devenu une option de choix face aux flux maritimes par conteneurs. Et la provenance de ce passager emmailloté n’a rien d’insolite : c’est du Brésil que s’envolent désormais la majorité des mules interceptées dans les aéroports de la capitale, selon l’Office antis-tupéfiants.
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