Emprunter ? Tailler dans les dépenses ? Augmenter les impôts ? Les gouvernements européens retournent en tous sens la manière de financer les dépenses militaires appelées à croître fortement dans les prochaines années, sous la pression conjointe de la menace russe et de l’éloignement américain. Si certains d’entre eux ont déjà affiché des objectifs chiffrés à leur budget de défense et des pistes de financement, tous n’en sont pas là. Dans d’autres pays, le débat ne fait que commencer, à propos d’un effort qui pèsera inévitablement sur les priorités.
Emprunter
Les décisions sont sans doute moins difficiles à prendre dans les Etats dont les finances publiques sont équilibrées et l’endettement modéré. C’est le cas du Danemark, qui a un budget excédentaire. Le gouvernement, composé des sociaux-démocrates, des libéraux et des Modérés (centre), a décidé, le 19 février, de faire passer le budget de la défense à 3 % du PIB d’ici à 2026, nécessitant 120 milliards de couronnes (16 milliards d’euros), en plus des 155 milliards déjà prévus jusqu’en 2033. Une partie devrait être financée par les 59 milliards de couronnes d’excédent budgétaire, prévues par le ministère des finances, grâce à la croissance de l’économie danoise. Le recours à l’emprunt est également discuté, sachant que la dette publique du pays avoisine 33 % du PIB. Mais la proposition est critiquée, notamment par le patronat, qui plaide pour une baisse des dépenses publiques.
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