Ce 30 juillet 2024, la ministre de la culture Rachida Dati fait des étincelles dans sa robe chemise Schiaparelli. Le vêtement de soie aux imprimés inspirés du surréalisme détonne parmi les djellabas, les tailleurs sobres et les costumes cravates qui se pressent alors à M’diq. La cité côtière du nord du Maroc accueille ce jour-là les célébrations du 25e anniversaire de l’intronisation de Mohammed VI. Dressées pour l’occasion, des tentes rouges et vertes protègent les convives – membres du gouvernement, hauts fonctionnaires, gradés et dignitaires étrangers – du feu brûlant de l’été marocain.
La fête a cette fois-ci une résonance particulière. Au petit matin, le cabinet du roi a dévoilé le contenu d’une lettre d’Emmanuel Macron adressée au souverain. « Je considère que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », écrit le chef de l’Etat. « Ce cours de l’histoire est essentiel et irréversible. Nous en sommes tous les architectes », tweete Rachida Dati dans l’après-midi.
La maire du 7e arrondissement de Paris, où Mohammed VI possède un hôtel particulier, avenue Emile-Deschanel, sait de quoi elle parle. En 2023, au pic de la crise entre la France et le Maroc, elle avait exhorté le président à rallier, définitivement, le camp de Rabat, dans le conflit qui l’oppose aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. « J’ai toujours été du côté de sa majesté », clamait-elle, en mai de la même année, lors d’un déplacement dans le royaume.
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