Dans la découpe nette d’une fenêtre crasseuse, des visages et des corps d’hommes et de femmes anonymes, mangés par l’ombre. On devine les deals, la came, les passes. La photographe américaine Merry Alpern a réalisé ces images troublantes en 1993. Trente ans plus tard, sa série baptisée « Dirty Windows » est au cœur d’un choc d’imaginaire l’opposant à l’un des cinéastes français les plus célébrés, Jacques Audiard.
La première reproche au second d’avoir puisé dans son esthétique rugueuse en noir et blanc pour réaliser, en 1997, le clip de la chanson d’Alain Bashung La nuit je mens. Cette histoire qui s’étire sur près de trente-cinq années rappelle que l’inspiration flirte parfois dangereusement avec l’appropriation. « Cela ne m’a pas étonné que Merry Alpern demande réparation, c’est évidemment légitime, confie le cinéaste au Monde. Je n’aurais jamais eu l’idée de faire de telles images. C’est l’idée de Merry. »
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