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Les engagements actuels des Etats ne sont pas à la hauteur pour espérer limiter le réchauffement sous la barre des 2 °C, et si possible 1,5 °C, comme le prévoit l’accord de Paris. Le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) met l’accent, dans un rapport publié lundi 10 juin, sur un domaine en particulier : le manque d’ambition des plans climatiques nationaux concernant la lutte contre la déforestation.

« Les engagements visant à réduire la déforestation dans les pays [forestiers] et les engagements des pays développés pour soutenir financièrement cette transition sont insuffisants pour mettre un terme à la déforestation d’ici à 2030, résume l’Organisation des Nations unies (ONU). C’est une tragédie étant donné l’importance des forêts non seulement pour la stabilité du climat, mais aussi pour l’économie mondiale et pour la subsistance de diverses communautés. »

Cette alerte est lancée alors que des négociations sont en cours en Allemagne afin de préparer la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP29), qui doit se tenir en novembre à Bakou. Une étape avant la COP30 prévue à Belem en novembre 2025, dans l’Amazonie brésilienne : d’ici à ce rendez-vous, les Etats sont appelés à soumettre, avant février 2025, de nouveaux plans d’action climatique appelés « contributions déterminées au niveau national » (Nationally Determined Contributions, NDC, en anglais). Ce sont dans ces feuilles de route, mises à jour tous les cinq ans, qu’ils décrivent comment ils entendent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux effets du dérèglement climatique.

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Concernant les forêts, la marge de progression est immense : seules 38 % des 198 parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques incluent par exemple, dans leurs plans nationaux, des mesures visant à réduire la destruction des massifs forestiers.

Promesses « équitables et réalisables »

Le PNUE a notamment analysé les NDC des vingt principaux responsables de la déforestation. Sur ces vingt pays, situés en Amérique latine, dans les Caraïbes, en Afrique et en Asie, seuls huit ont adopté des objectifs chiffrés de réduction de la perte de forêts. La Bolivie vise par exemple une baisse de 80 % d’ici à 2030, la Côte d’Ivoire de 70 % (par rapport au niveau de 2015) et la Colombie de 50 000 hectares par an. Le Mexique affiche une cible de « zéro déforestation nette » à la fin de la décennie.

Onze plans nationaux, sur les vingt, contiennent par ailleurs des objectifs quantifiés en matière de reboisement, de restauration de forêts dégradées ou de plantation sur des zones qui n’étaient jusqu’ici pas forestières. « Bien que ces activités soient importantes, l’atténuation du changement climatique nécessite d’abord de réduire la déforestation, souligne toutefois l’ONU. Il faut de nombreuses années pour capturer, grâce à des actions de restauration, le carbone perdu sur une surface déforestée équivalente. »

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