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Christophe Boltanski, archéologue d’intérieurs : « Mes enquêtes servent à montrer ce que je ne sais pas »

Christophe Boltanski est parisien, mais c’est ailleurs qu’il écrit ses livres, dans une maison de granit au bord de la mer, à Barfleur (Manche), là où vécut son arrière-grand-père, Ernest Clouet, douanier de son état et homme a priori sans histoires. Et c’est de cette maison que part pour ainsi dire son nouveau livre, Le Trait de côte, qui va s’aventurer sur les traces à demi-perdues de sa famille maternelle, au fil d’un texte dont on aura du mal à définir exactement le genre : récit à la fois intime et documentaire, enquête généalogique et rêverie topographique, où les lieux sont davantage qu’un simple décor et où il arrive que les destins individuels se fondent dans l’histoire collective la plus tragique du XXe siècle.

« J’écris en effet des choses hybrides, explique l’auteur au “Monde des livres”, c’est un moyen de sortir de catégories où les livres sont parfois enfermés de façon trop rigide, je crois. Les écrivains que j’admire sont d’ailleurs souvent assez inclassables, comme W. G. Sebald [1944-2001], par exemple, avec son génie de la digression, sa capacité d’ouvrir une parenthèse pour ne pas forcément la refermer, sa manière aussi d’inclure des images dans le texte : cette liberté-là, j’aimerais vraiment pouvoir me l’accorder… » Christophe Boltanski se l’accorde, de fait, et on pourrait dire qu’il partage avec l’auteur des Emigrants (Actes Sud, 1999) le sens de la déambulation, comme aussi un certain goût pour les enquêtes.

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