Le train a accusé du retard ; le dos est douloureux ; le compte Instagram, mystérieusement en rade. Bref, « Mercure rétrograde », souffle Christian Lacroix en mordu d’astrologie, dans un rare instant de consternation. Le reste du temps, il n’en laisse rien paraître, passant d’une anecdote à un souvenir d’enfance par un après-midi de mars, dans un bureau de la Comédie-Française, charmeur et alerte.
Chaque semaine, son astrologue, Sofia, lui adresse un petit texte spécifiant les teneurs des changements des astres, comme on fournirait une carte avant une course d’orientation. « Rien à voir avec : “Vous allez gagner au Loto ou rencontrer le grand amour”, précise le costumier. C’est à moi, ensuite, avec mon libre arbitre, d’interpréter ses indications, de lire les signes. »
A 73 ans, l’âge jusqu’auquel vécut son grand-père fou de locomotives et champion de longue (un jeu provençal), qui autrefois lui semblait être « un vieillard », Lacroix est en agitation permanente. Les essayages s’enchaînent pour de nouvelles créations attendues en mai : Faust, de Gounod, mis en scène par son grand complice Denis Podalydès à l’Opéra de Lille ; Le Vaisseau fantôme, de Wagner, monté par un autre camarade, Michel Fau, au Capitole de Toulouse…
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